Mas Bamou

 Masque Bamou

Explications : Les espèces animales domestiques exploitées de nos jours étaient inconnues au Nouveau Monde jusqu'à leur introduction par les colons espagnols. Les bovins provenaient principalement d'Espagne et du Portugal, c'est-à-dire d'origine ibérique. La race créole découle des 3 derniers siècles de l’histoire des Antilles. En effet, aux bovins européens, il y a eu des apports de zébus d’Afrique de l’Ouest au 18ème siècle, de bovins d’Amérique du nord et de zébus indiens.

Du fait de leur confinement sur l’île, une sélection naturelle s’est opérée et une race homogène va naître : la race créole. Elle est adaptée au climat, aux fourrages locaux et la plus résistante aux maladies transmises par les tiques que sont la gale (dermatophilose), le « mal-kadik » (cowdriose) et la piroplasme (badébiose).

Toutefois, la race créole est menacée car en constante diminution du fait de croisement anarchique avec des bovins européens, les éleveurs recherchant davantage de productivité.

 

Cependant, la race créole a été reconnue officiellement en 1995 par les instances compétentes. Depuis des recherches sont en cours au niveau de l’INRA Guadeloupe pour des croisements industriels raisonnés visant à développer le cheptel de femelle de race pure et ainsi répondre à la demande de certains pays africains disposés à acquérir une race productive adaptée et résistante aux maladies transmises par les tiques.

 

Symbolisme (lèspri a Mas-la) :de nombreux apports de bovins en provenance des pays hispanophones (Puerto-Rico) vont être introduits en Guadeloupe après la guerre. Les bouviers ne s’adressaient qu’en espagnol aux bœufs et plus souvent en répétant « vamos » (prononcer « bamos ») pour les faire avancer. Les gens d’ici vont transformer « vamos » en « Bamou » pour désigner tous les bœufs importés en Guadeloupe.

Faut savoir que ces animaux étant de nature sauvage et brutale, le terme « bamou » sera employé aussi pour désigner quelqu’un de brutal, rustre, grossier. Mais aussi par extension le « bamou » c’est celui qui exécute sans réfléchir les ordres donnés, comme un mouton.  

Ce « Mas » nous interpelle sur le développement durable de la Guadeloupe par la revalorisation de son cheptel de bovins, la  race créole mieux adaptée et plus résistante aux maladies qui est en concurrence avec la viande importée. D’un autre côté,   ne sommes-nous  pas « bamou » des hommes politiques qui sont souvent  « bamou » des grands partis politiques français.

 

Matériaux (sa-w ni bouzwen pou fè Mas-la) : confection « èskèlèt a kabèch-la » du squelette de la tête du bœuf avec du grillage, pages jaunes de l’annuaire ; pagne + brassards + jambières en fibre de bananier ; colle pour papier ; tissu noir ; bottes militaires ; chaîne attachée à la taille avec au bout des boîtes de conserve ou pot de chambre ; collier de chaîne ; une queue en corde chanvre ; peinture rouge et blanc.

© Voukoum Mouvman Kiltirèl Gwadloup 2015

MKV

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